22.08.2008
Casseurs de cailloux
Un pèlerin en route vers Chartres voit un type fatigué, suant, qui casse des cailloux. Il s'approche de lui :
Que faites-vous, monsieur ?
- Vous voyez bien, je casse des cailloux, c'est dur, j'ai mal au dos, j'ai soif, j'ai chaud. Je fais un sous-métier, je suis un sous-homme.
Continuant, il voit plus loin un autre homme qui casse des cailloux ; lui n'a pas l'air mal :
Monsieur, que faites-vous ?
- Eh bien, je gagne ma vie. Je casse des cailloux, je n'ai pas trouvé d'autre métier pour nourrir ma famille, je suis bien content d'avoir celui-là.
Poursuivant son chemin, le pèlerin s'approche d'un 3e casseur de cailloux, souriant, radieux :
Moi, Monsieur, dit-il, je bâtis une cathédrale.
Le fait est le même, l'attribution du sens au fait est totalement différent. Et cette attribution du sens vient de notre propre histoire et de notre contexte social.
Quand on a une cathédrale dans la tête, on ne casse pas les cailloux de la même façon.
Boris Cyrulnik “Les clés du bonheur”.
20:12 Publié dans Conte philosophique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




Commentaires
J'ai flashé sur ce dessin car il me ramène vers mes premières douches, près de la pile, toute nue dans une lessiveuse de tole acier, ma mère me frottait comme un linge sale au savon de marseille....Merci Cécile pour ce voyage en amnésie !
Hélène O.
Ecrit par : hélène Ourtiès | 22.09.2008
Hélène, je suis heureuse de t'avoir permis de voyager dans tes souvenirs.
C'est la magie des tableaux, ou des textes comme ceux que tu proposes sur ton blog.
Je te dis merci d'être passée dans mon univers et te souhaite plein de bonnes choses
Cécile
Ecrit par : Cécile | 22.09.2008
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